USA – Appel à l’action anarchiste internationale en solidarité avec la grève des prisons aux États-Unis

Appel à l’action anarchiste internationale en solidarité avec la grève des prisons aux États-Unis !

anarprison

Depuis le site d’infos MIA, publié le 9 septembre 2016

 

Le 9 septembre [45eme anniversaire de la rébellion de la prison d’Attica], des prisonnier-e-s à travers les États-Unis entameront une grève qui consistera en un arrêt général du travail contre l’esclavage pénitencier. Pour faire court, les prisonnier-e-s refuseront de travailler ; illes refuseront de continuer à faire tourner les prisons par leur propre labeur. Les prisonnier-e-s ne luttent pas juste pour de meilleures conditions ou pour un changement du règlement des conditionnelles, mais contre l’esclavage pénitencier. Les prisonnier-e-s soutiennent que sous le 13è amendement qui abolit l’esclavage racial, ce-dernier permet à des êtres humains d’être exploités pour rien ou pratiquement rien tant qu’illes sont prisonnier-e-s. Les prisonnier-e-s voient ainsi le présent système d’esclavage pénitencier comme une continuation de l’esclavage racial, système qui génère des milliards de dollars de profit chaque année pour de grandes sociétés des industries clés comme celles des combustibles fossiles, les fast food, les banques, et l’armée américaine.

Peu de temps après le passage de l’amendement 13, un grand nombre d’anciens esclaves ont rapidement été mis sous les verrous sous d’insignifiants délits, retournant rapidement à leur rôle originel d’esclaves. Près d’un siècle plus tard, la guerre contre la drogue a essayé de s’occuper du taux de chômage croissant amené par des changements dans l’économie (externalisation, financiarisation, dérégulation, etc.), ainsi que de la menace d’une insurrection noire qui a grandi dans les années 60 et 70, en mettant de plus en plus de gens en prison. En même temps, l’État et les entreprises ont continué à regarder en direction du travail en prison comme à une source pour générer des profits massifs.

Du fait de tout ces facteurs, aujourd’hui, environ 1 adulte américain-e sur 100 est enfermé-e derrière les murs, et beaucoup d’autres sont en liberté conditionnelle, en résidence surveillée, ou au sein de centres de détention pour migrant-e-s. Alors que les déténu-e-s afro-américain-e-s, natif-ve-s, latinos et blanc-he-s pauvres forment le gros de la population carcérale, les détenu-e-s noir-e-s, ‘brun-e-s’ (ndt : en anglais, ‘brown people’ fait référence de façon large à toutes personnes ayant la peau mâte et n’étant pas -seulement – d’origine occidentale), ou natif-ve-s représentent un bien plus gros pourcentage d’incarcéré-e-s que leurs homologues blanc-he-s. Par exemple, il y a présentement plus de personnes afro-américaines enfermées dans le complexe industriel carcéral que ce n’était le cas durant la période d’esclavage racisé antérieure à la guerre civile américaine en 1860. C’est dans ce climat que les rebel-le-s en prison se sont organisé-e-s elleux-mêmes pour mener cette grève.

Il est aussi important de préciser que cette journée du 9 septembre est appelée par une large variété de groupes, mais provient globalement d’organisations telles que Free Alabama Movement (FAM), qui est un groupe carcéral autogéré qui s’est propagé à travers les États-Unis. Les anarchistes ont joué un rôle clé en soutien et organisation, mais aussi les diverses grèves de la faim, du travail, et émeutes dans le sein des prisons qui ont explosé dans des établissements tel que celui de la prison Holman. Le soutien est venu de divers groupes carcéraux, l’Anarchist Black Cross (ABC), et le Incarcerated Workers Organizing Committee (IWOC [le comité d’organisation des travailleur-euse-s incarcéré-e-s]), une section du IWW [Industrial Workers of the World], qui comprend présentement autour de 1000 membres à travers les prisons américaines. Pour aider à accroître les potentiels autour de cette grève, des anarchistes ont aussi organisé nombre de conférences et tenu une large variété d’actions, comme des manifs bruyantes, des déploiements de banderoles ou encore des ‘campagnes’ de tags.

Mais nous avons besoin de l’aide du mouvement anarchiste international pour prendre de la vitesse. Nous en appelons à nos camarades à travers le monde à nous aider. Nous demandons à tous les groupes, fédérations, syndicats, réseaux, cellules et individus de considérer de faire une action, organiser un événement et répandre la grève.

Voici quelques idées d’actions :
1) Organiser une manif devant une ambassade des États-Unis, une base militaire, ou avant-poste gouvernemental américain. Laissez leur savoir que les gens à travers le monde sont en solidarité avec cette grève.

2) Organiser une manif bruyante devant une prison locale, centre de détention ou prison pour mineur-e-s.

3) Organiser une action qui établie une connection avec les entreprises qui se font de l’argent sur le travail en prison aux États-Unis. Parmi quelques cibles mondiales se trouvent les chaînes de fast food McDonald’s et Wendy’s, la chaîne de café Starbucks, BP (British Petroleum), les magasins de lingerie Victoria’s Secret, American Airlines (qui a des vols vers de nombreux aéroports internationaux), et beaucoup d’autres.

[Bien que presque tous les commerces aux États-Unis faissent usage d’une certaine façon du travail en prison, voici quelques compagnies supplémentaires : Avis, Walmart, Microsoft, Nike, Nintendo, Honda, Pfizer, Whole Foods, Aramark, AT&T, Sprint, Verizon, Fidelity Investments, Saks Fifth Avenue, JCPenney, Kmart, Macy’s, et bien sur UNICOR, l’entreprise crée et possédé par le gouvernent fédéral pour superviser le travail pénal]

4) Déploier des banderoles, taguer, coller des affiches, et diffuser des nouvelles de la grève dans ta ville.

Enfin, nous ajouterons que la grève commence le 9 septembre et suivra son cours pour un long moment. Les prisonnier-e-s s’attendent déjà à faire face à la répression, et quelques organisateurs ont déjà été placé en isolement et harcelé par le FBI. Il dépend de nous d’assurer leurs arrières depuis l’extérieur et de mettre en place du soutien pour la grève et l’intégrer dans les luttes partout. La grève ne prendra pas fin le 10 septembre, mais continuera, alors aidez-nous à nous préparer pour le long terme.

Longue vie à l’anarchie !
Feu aux prisons !
Liberté pour tou-te-s !

 

Plus d’infos, mises à jour et matos d’orga :
Support Prisoner Resistance – supportprisonerresistance.noblogs.org

Free Alabama Movement – freealabamamovement.wordpress.com

IWW Incarcerated Workers Organizing Committee – iwoc.noblogs.org

IT’S GOING DOWN – itsgoingdown.org
Portland ABC – pdxabc.org
Anti-State STL – antistatestl.noblogs.org
325 – 325.nostate.net/tag/prison-labour-strike

FRANCE – Solidarité avec les mutins de Poitiers-Vivonne !

Depuis le site d’infos MIA, publié le 21 septembre 2016

Communiqué de l’Envolée + Appel à informations et récits à propos de la mutinerie dans la prison de Poitiers Vivonne le 13 septembre

 

arton1598-34096

Mardi 13 septembre 2016, l’information a tourné en boucle dans les grands médias :

«  Le calme est revenu ce lundi soir vers 23 heures, après l’intervention de forces spécialisées à la prison de Vivonne, près de Poitiers. La mutinerie a débuté lundi à 17 heures. Une cinquantaine de détenus ont mis le feu à un bâtiment de ce centre pénitentiaire. Une dizaine (ou une soixantaine) de cellules ont été détruites. Ce mardi matin, deux détenus sont placés en garde à vue. La mutinerie serait partie d’une permission de sortie refusée à un détenu. Le détenu se serait rebellé, entraînant
d’autres personnes dans son mouvement…
 »

Traitée comme un simple fait divers, cette information sera oubliée demain et aucun journaliste n’aura donné la parole aux premiers concernés : les prisonniers et leurs proches. Comme toujours, ils ont
relayé en chœur la voix du ministère de la justice et d’un syndicat de surveillants. Mais quand les prisonniers et prisonnières se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de détention ou simplement pour réclamer un peu d’air, rien qu’en faisant une pétition ils prennent de gros risques. Alors quand ils font brûler la prison… !

A Poitiers comme ailleurs, les prisonniers et prisonnières ont de nombreuses raisons de se révolter.
Ce que nous connaissons de la prison de Poitiers-Vivonne depuis son ouverture, c’est entre autres :

- la pratique de fouilles à nu systématiques (pourtant illégales),
- le harcèlement nocturne des détenus particulièrement signalés (DPS),
- le passage tabac de prisonniers, dont les plaintes ne sont ensuite pas prises en compte,
- la répression des moindres revendications,
- le passage au tribunal de prisonniers accusés abusivement par des surveillants de violences ou d’outrage (treizième mois garantis pour les matons).

Nous savons que, suite à ce genre d’événements, la répression est très dure. Pour effrayer la population carcérale et lui faire passer l’envie de broncher, il faut désigner des « meneurs », les isoler et les condamner à de lourdes peines. Comme d’habitude, cette sanction judiciaire sera précédée « en interne » de tabassages, de chantages à la délation, de mise au mitard et/ou de transferts, loin des proches.

********Appel à informations et récits********

De l’extérieur, c’est à nous tous et toutes de rester attentifs, de montrer notre solidarité, de chercher et de relayer informations et récits directs. Les médias disent que deux personnes ont été placées en
garde à vue. Il est important d’aller si on le peut au tribunal local pour suivre d’éventuelles comparutions immédiates, montrer sa solidarité, prendre et faire circuler des informations sur les suites judiciaires de la mutinerie. C’est en brisant la loi du silence imposée par l’administration pénitentiaire que commence la solidarité avec les mutins.

P.-S.

N’hésitez pas à prendre contact avec L’envolée (journal pour en finir avec toutes les prisons) :
L’envolée – 43 rue de stalingrad – 93100 montreuil
[email protected]
http://lenvolee.net

MEXIQUE – A bas la prison !

À bas la prison !

Bulletin irrégulier – Septembre 2016

pri
Rappel :

À deux ans des mobilisations en solidarité avec les étudiants disparus d’Ayotzinapa, Guerrero, on se souvient aussi des compagnons qui se trouvent actuellement en prison pour le simple fait d’avoir manifesté et mené des actions dans la rue pour la présentation en vie des étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Cela fait deux ans de manifestations, actions, piquets de protestation et pour quelques compagnons, il s’agit aussi de deux ans d’incarcération. Le gouvernemet, lui, n’a répondu que par le silence, la mascarade, la répression et la manipulation de la loi et ses médias au détriment des personnes arrêtées.

À ce jour, un compagnon se trouve derrière les barreaux Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Depuis 2012, le gouvernement de Mexico a approuvé et mis en place des mesures qui renforcent la machine du contrôle social : l’installation de plus de 20 mille caméras de surveillance dans toute la ville, la mise en place du Protocole de Contention des Foules, les réformes du code pénal local afin de durcir les peines, la fermeture du zocalo (place centrale) de la capitale pour empêcher l’arrivée de manifestations, l’augmentation toujours plus forte dela présence policière dans les rues, tout ceci n’est qu’une partie de ce contrôle. Le bilan de cette politique, plus de 500 personnes détenues durant différentes manifestations, actions et mobilisations (…)

Dès 2013, le gouvernement mexicain, de concert avec l’investissement privé, a démarré un projet économique permettant la construction et l’administration de prisons. Depuis lors, des sommes millionnaires commencent à concrétiser ce projet carcéral mené par les hommes d’affaires Carlos Slim, Olegario Vázquez Raña, les familles Hank Rhon et Quintana, tous bien déterminés à assurer le bon déroulement de cette affaire… Lire la suite sur : À bas la prison ! Bulletin irrégulier – Septembre 2016

Depuis Les trois Passants

 

François Hollande accorde une « remise gracieuse » de peine à Jacqueline Sauvage

Hollande a accordé dimanche à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, une « remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement » qui lui « permet deprésenter immédiatement une demande de libération conditionnelle ».

Par contre le problème reste le même: le verdict a été prononcé, et 47 ans de pure torture imposés à elle et ses enfants n’ont pas semblé être pris en compte.

APPEL À LA MOBILISATION POUR A., MEMBRE DE L’ACTION ANTIFASCISTE PARIS-BANLIEUE

Le 22 novembre dernier, une manifestation en soutien aux migrant-e-s était organisée a Paris. Interdite par la préfecture de police sous prétexte d’état d’urgence quelques jours avant, elle avait finalement pu avoir lieu grâce a la mobilisation de centaines de personnes.

Quelques jours plus tard, plusieurs dizaines de militant-e-s étaient convoqué-e-s dans un commissariat parisien. Si certain-e-s s’en sont fort heureusement sorti-e-s sans le moindre problème, A., membre de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue, a lui été inculpé pour « participation a une manifestation interdite » et « violences sur agent ». Des accusations bidons, de l’aveu même de plusieurs policiers.

Depuis plusieurs années, de nombreux/ses membres d’organisations antifascistes, anticapitalistes, écologistes ou encore syndicales sont la cible de l’état français et victimes d’une énorme répression policière.

Parce que la solidarité est notre principale force, nous vous donnons rendez-vous le mercredi 3 février a 13h30 au tribunal de grande instance de Paris pour soutenir A. (Nous vous préciserons la chambre en début de semaine)

Action Antifasciste Paris Banlieue

Valentin libéré !

Après 134 jours, Valentin a été libéré hier. Depuis début octobre, les autorités avaient été augmenté la pression sur lui pour briser sa volonté. Il a été mis en isolement tout droit pendant six semaines et ensuite envoyée à hameln de détention pour mineurs sans préavis. Hameln est loin de nos structures ce qui rend encore plus difficile à réaliser notre solidarité travail, sans mentionner les possibilités pour les amis et la famille à lui rendre visite.

Arrestations en Italie et en Grèce suite au 1er mai à Milan

Arrestations en Italie et en Grèce suite au 1er mai à Milan

Dans la matinée du 12 novembre, une série de perquisitions a été menée dans plusieurs pays de l’UE contre des personnes soupçonnées d’avoir participé aux manifestations du 1er mai à Milan.

Nous apprenons de diverses sources (Informa-azione, Infoaut, etc) qu’une dizaine de personnes ont été arrêtées en Italie et en Grèce suite aux enquêtes menées après la manifestation du premier mai à Milan. Les policiers se basent sur des films et des relevés ADN, et l’agence Eurojust (sic) aurait été chargée de coordonner les opérations au niveau européen. 4 personnes auraient été arrêtées à Milan et une autre n’était pas présente chez elle au moment des perquisitions. On parle aussi de 5 autres personnes en contrôle judiciaire.

Selon Indymedia Athènes, des perquisitions ont eu lieu dans plusieurs lieux d’habitation, où 5 étudiants et travailleurs du quartier de Aghia Paraskevi ont été arrêtés sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. La mairie du quartier a été occupée en solidarité avec les personnes arrêtées, et l’assemblée des habitants du quartier a fait un appel à rassemblement de solidarité. Une réunion a lieu dans les locaux de Polytechnique ce 13 novembre, tandis que le procès des 5 personnes a lieu ce même jour.L’Italie demande leur extradition.

Comme d’habitude, les journaux de la ’grande presse’ parlent d’une ’organisation internationale’ et s’étendent largement, portrait des camarades accusés en pleine page, sur leur ’dangerosité’.

Ci-dessous le communiqué de camarades de Milan, que nous traduisons en français :

L’EXPO N’EST PAS FINIE, SOLIDARITE AVEC LES CAMARADES TOUCHE-E-S PAR LA REPRESSION.

La fête est finie : après 6 mois, le grand événement est arrivé à son terminus, mais les festivités telles que les applaudissements, les embrassades et les compliments ne sont apparamment pas terminées. Les images des jeunes volontaires exploités qui font la fête au milieu des stands de foire après des mois de bénévolat difficile resteront gravées dans les têtes. Champagne et musique, le bon mix pour fuir la réalité et le futur qui les attend, une reconnaissance due à celles et ceux qui ont permis à ces messieurs de l’Expo d’économiser un max de fric.

Combien nous manqueront les articles de journaux pro-Expo, les files d’attente interminables, les gossip sur le stand du Japon et cette même phrase que l’on entendait partout dans le métro, dans les bars, dans les pars, à l’université, au travail : « Je n’ai rien réussi à voir, mais les lumières étaient super et puis il y avait plein de gens, ça valait le coût ! »

Et à présent arrive le moment de payer la note pour celles et ceux qui, ce Premier Mai, avaient décidé de ne pas suivre l’orchestre et de se rebeller en gâchant la fête de l’Expo. Les yeux du monde étaient fixés sur la capitale économique italienne et ce qui devait être la plus grande expression du modèle Renzi s’est vu obscurcir par la rage et par les émeutes qui ont secoué Milan ce jour-là.

Dix personnes, à Milan et en Grèce, ont été arrêtées sous les lourdes accusations de dévastation et pillage, résistence aggravée à personne dépositaire de l’autorité publique et pour s’être caché le visage. Cinq autres personnes sont mises en cause, mais laissées libres.

On a vu ceux qui se sont indignés en se faisant passer pour des sociologues de la révolte, ceux qui ont marché le jour suivant armés d’éponges qui trouvaient indigne que les murs de ces palais seigneuriaux soient recouverts de tags et ont se sont dressés en défense de la propriété : pour la vitrine tombée d’une banque ou une auto de luxe en flammes. Pour notre part, nous nous souvenons de la violence médiatique qui a contraint des milliers de jeunes à travailler gratuitement pour l’Expo dans l’espoir de se voir gratifier une expérience à pouvoir insérer dans leur CV. Nous nous souvenons des appels d’offre truqués, de la consommation du sol, de la farce de la nourriture pour la vie, des arrestations qui ont mené au changement des boss de l’Expo, des oeuvres inutiles comme La BreBeMi et la Tem. De tout cela, les médias et les bien-pensants n’ont pas parlé, et ils n’en parleront jamais. Tout comme ils ne parlent pas de l’attque contre l’école, de l’étouffement préventif de quatre grèves par la réquisition obligatoire, des expulsions contre les pauvres des quartiers populaires, le vide et la destruction de toute appartenance et de lien réel qui laisse les individus seuls face au monde, catapultés dans une compétition permanente entre êtres vivants qui sont tous pires les uns que les autres. Parce qu’il faut le dire : la révolte du Premier Mai est aussi existentielle, signe des temps que nous vivons.

Cette opération vise à frapper ceux qui chaque jour, au milieu de mille difficultés, cherchent avec force et courage de construire des possibilités de vie différente, d’arracher cette dignité qui est piétinée au nom du profit. A présent, notre tâche consiste à ne pas laisser seuls les camarades frappés par cette répression, de ne pas faire un pas en arrière dans les luttes que nous menons et recommencer à partir de là, parce que l’Expo n’est pas finie. Le grand événement continue à exister en tant que modèle de gouvernement et de légitimation de toutes les dégueulasseries de cette partie de la société qui siège dans les hauteurs et se distribue les charges et les opportunités en spéculant sur la peau des pauvres gens. Ce n’est pas un hasard si le préfet Tronca (le shérif de l’Expo) a été transféré à Rome dans la peau de Commissaire Spécial pour garantir le bon déroulement du Jubilée Romain, un modèle Expo à exporter pour une autre occasion à prendre d’améliorer un dispositif de contrôle et faire grossir toujours plus les poches des créatures des palais et des spéculateurs.

Les luttes ne s’arrêtent pas, et ce qui a dévasté et pillé Milan, c’est l’Expo.

Liberté pour tous et toutes !